Après la mémoire, bientôt une pénurie de batteries pour datacenters? C’est ce que laisse penser Panasonic Energy, qui affirme que ses clients hyperscalers se sont déjà engagés à acheter plus de 80 % de sa production de batteries prévue jusqu’en 2029. Pour répondre à la demande, le groupe japonais a décidé de reconvertir une partie de ses usines automobiles en lignes de production pour batteries de datacenters.
L’IA ne fait pas que dévorer des GPU et de la mémoire HBM. Elle consomme aussi et surtout d’énormes quantités d’électricité par courtes rafales, provoquant une montée en flèche des pics de puissance et des fluctuations de réseau. Comme les racks IA doivent gérer des charges pouvant fluctuer en un clin d’œil, les fournisseurs de services cloud à grande échelle ont besoin de systèmes UPS et de batteries présentant des densités de puissance nettement supérieures à celles offertes par l’infrastructure actuelle.
Les batteries pour datacenters assurent l’alimentation en cas de panne
Les batteries UPS (alimentation sans interruption) des centres de données agissent comme des tampons contre les coupures de courant, en stockant l’énergie lorsque le réseau électrique est stable. Ainsi, elles fournissent une alimentation de secours en cas de panne de courant, garantissant le fonctionnement continu des installations critiques, comme les serveurs, systèmes de refroidissement et équipements réseau. Ces batteries sont généralement au plomb-acide à régulation par soupape (VRLA) ou au lithium-ion. Moins coûteuses, les premières doivent généralement être remplacées tous les 3 à 5 ans, tandis que les secondes sont plus chères à l’entretien et durent de 8 à 10 ans.
Les batteries pour datacenters de Panasonic Energy déjà réservées jusqu’en 2029
Panasonic Energy, l’un des principaux fabricants, a déclaré que les hyperscalers (Amazon AWS, Microsoft Azure, Google Cloud) ont de plus en plus recours aux batteries de secours sur chaque rack de serveurs pour absorber l’instabilité de tension à la source. Selon le groupe japonais, ces clients ont déjà réservé plus de 80 % de sa production de batteries pour les datacenters jusqu’en 2029.
Il y a donc une forte demande. Pour satisfaire celle-ci, il réoriente une partie de sa production dédiée à l’automobile vers la production de batteries pour datacenters. Le constructeur revendique aussi 80 % de parts de marché sur ce segment, corroborant une enquête de Synergy Research de décembre 2025. Les autres se partagent le reste, dont Schneider Electric, Saft et Vertiv.
Les tensions s’observent à tous les niveaux des infrastructures IA
Si Panasonic réserve 80% de sa production aux hyperscalers, les autres clients opérateurs de datacenters et en colocation devront se disputer moins d’un cinquième de la production prévue par le fabricant. Cette tension n’existe pas qu’avec les batteries. Elle s’observe à tous les niveaux des infrastructures IA, notamment dans la mémoire.
Ainsi, les capacités HBM de Samsung, SK Hynix et Micron sont elles aussi épuisées jusqu’en 2026. Ces fournisseurs ont alloué leur production au même groupe de clients hyperscalers. Par conséquent, ceux-ci s’assurent non seulement l’approvisionnement en GPU et en mémoire, mais également l’infrastructure nécessaire pour rendre leurs systèmes stables et déployables. Et tant pis pour les autres…




