Vendredi 6 février, la Commission européenne a demandé à l’application TikTok de changer son aspect « addictif », qui enfreint la législation européenne sur le numérique. Elle cible en particulier trois fonctionnalités, à savoir le « scrolling », le lancement automatique de vidéos et l’envoi répété de notifications « push ». S’il ne s’exécute pas, le réseau social chinois pourrait prendre une lourde amende, jusqu’à 6% de son chiffre d’affaires mondial annuel.
Vendredi 6 février, la Commission européenne (UE) a sommé l’application TikTok de changer son interface jugée « addictive » et contraire à la législation européenne sur le numérique, au risque de prendre une lourde amende. Cette mise en demeure intervient deux ans après l’ouverture d’une enquête par Bruxelles sur le fonctionnement du réseau social chinois qui rendrait dépendant et accro à sa plateforme.
Trois « fonctionnalités addictives » dans le viseur de l’UE
Dans ses conclusions préliminaires, l’Union européenne (UE) pointe du doigt trois « fonctionnalités addictives » : le scrolling, soit le défilement ininterrompu de contenus sur l’application ; le lancement automatique de vidéos ; et l’envoi répété de notifications « push ». Selon l’institution européenne, ces mécaniques « pourraient nuire au bien-être physique et mental » des utilisateurs, notamment des mineurs, incités à faire défiler les contenus et à consulter leurs téléphones de façon « compulsive », y compris la nuit.
« Il faut que TikTok agisse et change son interface en Europe afin de protéger nos mineurs », insiste la commissaire européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen. Un responsable de l’UE révèle que TikTok lui-même reconnaît son « caractère addictif » et en évalue les « risques ». Toutefois, affirme-t-il, cela reste insuffisant au vu des lois européennes sur le numérique.
TikTok rejette l’image « complètement fausse » que l’UE lui attribue
Après l’avertissement de la Commission européenne, TikTok doit impérativement modifier ses algorithmes et fonctionnalités. Si l’application ne s’exécute pas , elle risque de prendre une amende pouvant peser jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires mondial annuel. Le groupe chinois gagnerait à s’exécuter d’autant qu’il risque de se retrouver dans la même situation qu’aux États-Unis, où sa branche a été confiée à des investisseurs américains pour éviter son interdiction. Pour l’heure, TikTok choisit la bravade en rejetant d’emblée l’image « complètement fausse » donnée par Bruxelles à son réseau social. Le réseau social a promis de contester les conclusions de l’enquête « avec tous les moyens » à sa disposition.
Amnesty Tech avait déjà dénoncé ce mécanisme infernal de TikTok
Cet avertissement de l’UE intervient alors même que plusieurs de ses membres s’interrogent sur la possibilité d’interdire les réseaux sociaux pour les enfants ou jeunes adolescents. Notamment TikTok, qui ne ferait pas assez pour protéger la santé mentale des mineurs. Dans une enquête publiée en 2024, Amnesty Tech accusait la plateforme d’être un espace toxique et addictif pour les enfants et les jeunes.
L’organisation a dénoncé ses algorithmes surpuissants qui font remonter des contenus nocifs pour la santé mentale, pouvant aller jusqu’à encourager les idées suicidaires. Elle a cité le fil « Pour toi », qui encouragerait l’automutilation et les idées suicidaires ». Amnesty Tech évoque également une spirale infernale, à cause d’un algorithme qui nous propose automatiquement et sans arrêt une série de contenus de la même catégorie qu’une vidéo qu’on vient de visionner. Enfin, l’association critique la collecte de données par les entreprises qui bombardent ensuite de publicités sur d’autres plateformes.




