SantéUne

Royaume-Uni : un premier bébé né d’une greffe d’utérus post-mortem

Le Royaume-Uni a enregistré récemment son premier bébé né d’une greffe d’utérus post-mortem. Sa mère, qui a accouché par césarienne à Londres, a reçu l’utérus d’une femme décédée, grâce à une longue transplantation réalisée en 2024. Elle était atteinte du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), une maladie rare qui entraîne un sous-développement de l’appareil reproducteur féminin.

Au Royaume-Uni, un bébé est né en décembre 2025 d’une mère ayant reçu un utérus d’une donneuse décédée un an plus tôt. Baptisé Hugo Powell, l’enfant pesait 3,1 kg à sa naissance et se portait très bien. Sa mère Grace Bell a exprimé sa « gratitude envers la donneuse et sa famille » et espère qu’ils « savent que [son] enfant sera toujours conscient de leur don extraordinaire. ». De leurs côtés, les parents de la donneuse trouvent du réconfort dans le geste ultime de leur fille, qui permet de donner la vie après sa mort. « La perte de notre fille a bouleversé notre monde, mais son dernier choix fut un acte de pure générosité. », ont-ils déclaré.

Une option proposée notamment aux femmes atteintes du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser

Contrairement à la plupart des transplantations, la greffe d’utérus ne permet pas de sauver une vie, mais de rendre possible une naissance. Depuis une dizaine d’années, des équipes du monde entier consacrent leurs recherches à cette option pour permettre à des femmes privées d’utérus d’avoir des enfants. Notamment celles souffrant du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser. Cette malformation congénitale se caractérise par l’absence d’utérus, mais ne touchent pas aux ovaires, qui produisent toujours des ovules. Elle touche une femme sur 4 500 en France.

La greffe d’utérus est une opération compliquée et minutieuse

Transplanter un utérus reste une opération complexe et longue. L’organe est profondément enfoui dans le bassin, entouré de vaisseaux sanguins fins. Ainsi, pour l’extraire, il faut une grande expertise. Durant l’opération, on irrigue constamment l’appareil afin de le garder en parfait état. Une fois extrait, l’utérus est refroidi pour ralentir la dégradation cellulaire, puis oxygéné pour ne pas que les tissus s’altèrent rapidement.

Ensuite, les chirurgiens doivent connecter les artères et les veines au bassin de la receveuse. Parfois de quelques millimètres seulement, ces sutures se font pendant plusieurs heures avec délicatesse car elles conditionnent la survie du greffon. Elles s’accompagnent de la reconstitution du soutien ligamentaire afin d’assurer la stabilité anatomique de l’utérus transplanté.

Le système immunitaire peut rejeter l’organe transplanté

Une fois l’opération terminée, il faut maintenant attendre que le système immunitaire de la patiente accepte l’organe. Pour éviter un rejet, des immunosuppresseurs sont prescrits. Ces médicaments abaissent les défenses immunitaires, mais exposent à davantage d’infections. Les médecins doivent donc mettre en place une surveillance étroite de la receveuse.

Si tout va bien, les règles reviendront dans les jours suivants. Un signe que l’utérus greffé répond aux hormones et fonctionne biologiquement. Dès lors, on peut envisager une grossesse. Celle-ci passe par la fécondation in vitro. Cette technique consiste à féconder un ovocyte par un spermatozoïde en laboratoire, puis à conserver les embryons obtenus pour les transférer à l’utérus de la patiente. Enfin, il faudra s’assurer que l’embryon s’ancre dans la paroi utérine et déclenche la formation du placenta, l’organe qui assure les échanges d’oxygène et de nutriments.

70 bébés nés d’une greffe d’utérus dans le monde à ce jour

Dans le cas britannique, l’utérus provenait d’une donneuse en état de mort cérébrale. La greffe a été réalisée en 2024, pendant 7 longues heures. L’accouchement s’est fait par césarienne pour éviter toute tension excessive sur les connexions vasculaires effectuées lors de la transplantation. Si le bébé né de cette greffe se porte bien, ce n’est pas toujours le cas car il peut survenir des naissances prématurées.

Notons également que pour avoir un autre enfant, l’utérus greffé doit généralement être retiré afin de limiter les risques liés au traitement. On compte à ce jour près de 70 bébés nés dans le monde grâce à un don d’utérus post mortem, dont 3 en France. Malgré ces naissances, la transplantation utérine reste une intervention rare parce que lourde, exigeante et nécessitant le consentement de la famille de la donneuse.

Autres articles à voir

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer