Depuis le 1er mars 2026, une taxe de 2 euros est appliquée aux petits colis pour freiner l’afflux de produits chinois à bas prix sur le marché européen. Mais le projet a déjà l’air de capoter. Shein et Temu contournent apparemment les règles en faisant transiter les marchandises par la Belgique. Si les autorités françaises espèrent mettre fin à cette pratique grâce à l’harmonisation de la réglementation dans les pays de l’UE en novembre prochain, les plateformes ont aussi prévu un moyen d’y échapper.
Depuis le 1er mars 2026, les petits colis importés hors de l’Union européenne sont taxés à 2 euros. Cette mesure, qui vise les géants du e-commerce chinois comme Shein, Temu et AliExpress, avait pour objectif de contrer l’invasion des produits chinois et lutter contre la concurrence déloyale. Grâce à elle, l’exécutif escomptait entre 400 et 500 millions d’euros de recettes d’ici la fin de l’année. Mais il va devoir revoir ses calculs.
La Belgique devenue le principal entrepôt pour stocker les petits colis
En effet, les groupes chinois visés par la taxe française ont trouvé un moyen d’échapper à cette fiscalité. Selon les sources douanières, ils ne convoient plus directement les marchandises en France, notamment via l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle à Paris.
Désormais, tout passe par l’aéroport de Liège en Belgique, où la taxe de 2 euros n’existe pas encore. D’après Kristian Vanderwaeren, administrateur général des douanes de l’aéroport de Liège, les arrivées de petits colis chinois ont explosé depuis début mars. Il évoque même un tsunami de marchandises avec 3,4 millions de déclarations par jour. « C’est énorme. Et là, pour la douane, c’est quasiment impossible de contrôler, ça » explique-t-il.
Baisse du fret à Roissy-Charles de Gaulle
A partir de Liège, les marchandises entrent ensuite en France sans être taxées car une telle fiscalité n’existe pas entre pays de l’Union européenne. Cette manœuvre réduit évidemment les flux de marchandises passant par Roissy-Charles de Gaulle. Depuis le 1er mars, la zone fret fonctionne au ralenti.
D’après Fabien Milin, secrétaire général du syndicat Solidaires Douanes, les déclarations douanières en e-commerce ont chuté de 92 % trois jours seulement après l’application de la taxe. Certains des entrepôts seraient même vides aujourd’hui. Du jamais-vu depuis plusieurs années. Logiquement, il y a des conséquences sur l’emploi : « Il n’y a plus personne, plus aucun salarié de ces sociétés-là qui travaille ici », témoigne Fabien Milin.
Les e-marchands chinois ont déjà prévu un moyen de contourner la taxe sur les petits colis au niveau européen
Désormais, l’exécutif français compte sur l’harmonisation de la réglementation au niveau européen, attendue en novembre prochain, pour coincer les géants chinois du e-commerce. A ce jour, seules la France et l’Italie (qui constate le même problème contournement) appliquent la taxe. Malheureusement, Paris, Rome et même Bruxelles pourraient être encore déçus.
En effet, les e-marchands chinois ont déjà prévu un autre moyen pour ne pas payer la taxe partout : faire venir en une seule fois leurs marchandises en Pologne, ou dans des paradis fiscaux, pour ensuite les dispatcher sur tout le continent. Rien dans la loi ne les empêche de le faire. Les autorités de l’UE doivent donc trouver un autre système plus contraignant.





