Des fouilles réalisées dans une église de Maastricht, aux Pays-Bas, ont révélé un squelette qui serait celui du comte de d’Artagnan, le célèbre mousquetaire popularisé par le roman d’Alexandre Dumas. La vie de ce soldat d’élite gascon, espion de Mazarin et fidèle de Louis XIV, est entouré de mystères jusqu’à ce jour. Des analyses d’authentification sont en cours pour confirmer qu’il s’agit bien de ses restes.
Un squelette retrouvé lors de fouilles dans une église de la ville de Maastricht, aux Pays-Bas, serait celui de Charles de Batz de Castelmore, comte de d’Artagnan, le célèbre mousquetaire popularisé par le roman d’Alexandre Dumas. L’information a été rapportée le mercredi 25 mars dans des médias locaux hollandais. Elle a eu l’effet de relancer les interrogations sur ce véritable mousquetaire, mort en 1673, et dont la vie se révèle tout aussi fascinante que celle de son double littéraire.
D’Artagnan a bel et bien existé
Charles de Batz de Castelmore, dit comte d’Artagnan, est un personnage historique. Il serait né entre 1611 et 1615 à Lupiac, dans le Gers, au sein d’une famille ruinée. Par son père, Bertrand de Batz, d’Artagnan appartiendrait à la petite noblesse, et par sa mère, Françoise de Montesquiou, à l’une des plus illustres familles du royaume, les Montesquiou, seigneurs d’Artagnan, en Bigorre. D’où son nom. Comme dans le roman d’Alexandre Dumas, il grandit dans le manoir de Castelmore, situé dans son village natal.
D’Artagnan a connu son heure de gloire pendant la guerre de Trente Ans
Âgé d’une vingtaine d’années, d’Artagnan rejoint Paris pour s’enrôler dans la compagnie des mousquetaires fondée en 1622 sous le règne de Louis XIII. Les mousquetaires étaient des soldats d’élite, chargés de défendre les intérêts du royaume. Ils pouvaient aussi garantir l’ordre public et tuer si la Cour le leur demandait. D’Artagnan a connu son heure de gloire au début des années 1640, dans le cadre de la guerre de Trente Ans. Espion et homme de main du cardinal de Mazarin, il parcourt la France pour transmettre des courriers confidentiels, très souvent codés et chiffrés.
Un homme fidèle et loyale à la Cour
À cause de sa fonction, D’Artagnan risquait sa vie au quotidien, surtout lors de l’exil de Mazarin pendant la Fronde, une période de contestations violentes de la régence d’Anne d’Autriche et de la politique du cardinal. Comme dans le roman d’Alexandre Dumas, c’est un individu loyal. Il est resté toute sa vie fidèle à la famille royale, dans un contexte historique particulièrement trouble. Ainsi, au moment de la Fronde en 1648, il prend le parti du cardinal et du jeune Louis XIV, qu’il escorte lors de sa fuite à Saint-Germain. Le Roi-Soleil ne l’oubliera jamais. Reconnaissant, il le nomme sous-lieutenant lors du rétablissement de la compagnie des mousquetaires en 1657.
D’Artagnan tué lors du siège de Maastricht
Deux ans plus tard, Louis XIV et Mazarin sont même les témoins de son union avec Charlotte-Anne de Chanlecy. Aussi, en 1660, le Gascon fait partie du cortège qui accompagne le roi à Saint-Jean-de-Luz pour son mariage avec l’infante d’Espagne. Nommé en 1672 gouverneur de Lille, ville stratégique en ce début de guerre de Hollande, d’Artagnan participe au siège de Maastricht. Malheureusement, le mousquetaire est tué un an plus tard, vraisemblablement par balle de mousquet. Son lieu de repos est depuis resté un mystère.
Un appel à la prudence et à la patience
Mais le squelette retrouvé dans la nef de l’église de Saints-Pierre-et-Paul dans le quartier de Wolder, non loin de là où le garde rapproché du roi Louis XIV (1638-1715) est mort, relance le sujet. Si l’enthousiasme anime le public, l’archéologue Wim Dijkman, qui recherche les restes de d’Artagnan depuis 20 ans et qui a participé aux fouilles, appelle à la prudence.
« Il n’est pour le moment pas possible d’affirmer que ce squelette est celui du mousquetaire. Je suis un scientifique, et je ne dirai qu’il s’agit de d’Artagnan que quand j’en serai sûr », a-t-il déclaré à Courrier International. Plusieurs analyses d’authentification sont en cours pour confirmer qu’il s’agit du véritable d’Artagnan, notamment des analyses au carbone 14 et des analyses ADN.




