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Alou Diallo, roi de l’or blanc ?

C’est l’histoire d’un pari gagnant. Celui d’un homme d’affaires, Aliou Boubacar Diallo, qui a le premier cru dans le potentiel économique de l’hydrogène naturel, une source d’énergie non-polluante et renouvelable qui pourrait révolutionner le monde de l’énergie. De nouvelles études scientifiques viennent confirmer le potentiel économique de son champ d’hydrogène, situé à Bourakébougou (Mali), et ré-estiment sa taille à la hausse.

Le bassin de Bourakébougou, sur laquelle la société d’Aliou Boubacar Diallo, Petroma Inc., a installé la première unité pilote de production d’électricité à partir d’hydrogène naturel au monde, serait presque 20 fois plus grande que ce qui avait été calculé auparavant. Une quantité monumentale de ce que les spécialistes du secteur énergétique ont baptisé « l’or blanc », tant son potentiel est immense. La dernière étude sur le sujet parue dans l’International Journal of Hydrogen Energy va dans ce sens.

Au XIXe siècle, au moment de la révolution industrielle et des débuts de l’exploitation massive du pétrole, les premiers industriels hésitaient entre l’utilisation de cet « or noir » et celle d’un autre combustible, baptisé « l’or blanc », l’hydrogène.

Malheureusement, le pétrole était moins cher à exploiter et il n’existait pas de problématique liée au réchauffement climatique, ni à l’indépendance énergétique à l’époque : le pétrole s’est alors imposé, laissant l’hydrogène et les recherches à son sujet de côté. Aujourd’hui, les choses ont changé et cette source potentielle d’énergie renouvelable et non polluante devrait s’imposer dans le monde entier à moyen terme.

Le retour en grâce de l’hydrogène naturel s’est effectué en 2010, lorsque des chercheurs russes ont démontré qu’il existait en grande quantité et sur la terre, d’hydrogène naturel. Une révolution alors que la communauté scientifique s’était arrêtée sur le consensus d’un hydrogène naturel uniquement présent dans l’eau.

Si de plus en plus de recherches se tournent, depuis, vers cette source d’énergie révolutionnaire, des entrepreneurs comme Alou Diallo ont voulu se lancer dans cette aventure de manière plus concrète. C’est pourquoi il a fondé en 2011 le site industriel du bassin de Bourakébougou, qui comprend le site d’exploitation de l’hydrogène, mais surtout une centrale électrique, la toute première au monde et encore la seule, à produire d l’électricité à partir de ce combustible.

Une sorte de laboratoire géant qui risque finalement de devenir le principal fournisseur d’énergie de la région, d’après les deniers travaux scientifiques publiés sur le sujet.

En effet, une nouvelle étude menée par le professeur Alain Prinzholer, épaulé par une équipe internationale de chercheurs a été publiée dans la revue anglo-saxonne International Journal of Hydrogen Energy. On y apprend que le coût d’exploitation de l’hydrogène naturel est raisonnable, ce qui « ouvre des perspectives nouvelles pour une future exploitation industrielle de l’hydrogène ». Parallèlement ses auteurs ont réévalué les réserves exploitables d’hydrogène de Bourakébougou à 150 kilomètres de diamètre (elles étaient précédemment estimées à 8 kilomètres de diamètre).

De quoi faire d’Alou Diallo le roi de l’or blanc ?

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