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Fantômes et maisons hantées : et si ces phénomènes provenaient des ondes à très basse fréquence ?

Les fantômes et les maisons hantées sont l’une des plus vieilles croyances au monde. De nombreux témoignages rapportent ces phénomènes paranormaux à travers l’histoire. On pense que des esprits malveillants sont à l’origine de ces réalités supposées. Mais une nouvelle expérience menée par des chercheurs canadiens suggère qu’il s’agit de quelque chose de plus trivial : les d’ondes à très basse fréquence.

Plusieurs légendes et témoignages parlent de châteaux hantés. Les châteaux de Brissac (France), de Glamis (Ecosse), de Bran (Roumanie), de Moosham (Autriche) ou encore la Tour de Londres seraient le nid de fantômes et de phénomènes paranormaux. Certains programmes télé tentent même d’en faire l’expérience. Si certains y croient dur comme fer, d’autres, se voulant plus cartésiens, n’y accordent aucune importance. Pour ces derniers, ces histoires sont inventées de toutes pièces ou dérivent de peur injustifiée et sont parfaitement explicables.

Les maisons hantées ne sont hantées par des fantômes, mais par des … ultrasons

C’est dans cette logique que s’inscrit une nouvelle recherche menée par des chercheurs de l’Université MacEwan et de l’Université de l’Alberta, au Canada. Publiée dans Frontiers in Behavioral Neuroscience, cette étude suggère que les frissons éprouvés dans une maison hantée résulteraient d’un simple phénomène physique : les infrasons. Ces ondes sonores de très basse fréquence suffiraient à troubler notre esprit et nous faire croire aux forces surnaturelles. « Ce que les infrasons peuvent faire, c’est provoquer un certain inconfort corporel. Face à ce malaise, le cerveau cherche une explication, qu’il peut attribuer à la présence d’un fantôme ou d’une autre hantise », explique au journal The Guardian Rodney Schmaltz, professeur de psychologie à l’Université MacEwan et co-auteur de l’étude.

Des participants soumis à une musique angoissante pour reproduire l’atmosphère des maisons hantées

Dans le cadre de leur expérience, les chercheurs des Universités MacEwan et de l’Alberta ont fait asseoir une trentaine de participants seul dans une pièce (laboratoire), écoutant une musique apaisante ou angoissante. Pour la moitié d’entre eux, des caissons de basses chachés diffusaient également des infrasons à 18 hertz, à leur insu. À l’issu des écoutes, les scientifiques ont évalué l’humeur des volontaires, leur réaction émotionnelle à la musique et leur perception de la présence des infrasons. Ils ont aussi prélevé des échantillons de salive avant et après l’expérience. Selon les résultats, les personnes exposées aux ondes à très basse fréquence avaient un niveau plus élevé de cortisol, l’hormone du stress. Ces individus ont jugé l’expérience plus irritante et perturbante.

Certains animaux perçoivent les ultrasons, pas les humains

Pour rappel, les ultrasons sont des ondes de très basse fréquence inférieures à 20 hertz (Hz). Produites notamment par les orages, la circulation, les machines industrielles ou les vieilles canalisations, ils sont imperceptibles à l’oreille humaine. En revanche, des études suggèrent que certains animaux les perçoivent, ce qui leur permet de réagir en avance à des phénomènes naturels comme les tremblements de terre et les tsunamis. C’est le cas des chiens, qui ont tendance à aboyer ou à creuser frénétiquement la terre, quand une catastrophe naturelle se prépare.

Le stress peut induire un état de vigilance propre à la paranoïa

Si les humains n’ont pas l’oreille pour percevoir les infrasons, certaines recherches avancent que notre corps peut les détecter inconsciemment. C’est sur cette hypothèse qu’ont joué les chercheurs canadiens. Pendant leur expérience, comme déjà souligné, ils ont constaté que les ondes basse fréquence ont fait grimper le taux de cortisol salivaire des participants. Ceux-ci ont dit se sentir plus irritables et avoir trouvé plus triste la musique diffusée. Les chercheurs en déduisent ainsi que le taux de cortisol augmente pour aider l’organisme à réagir aux facteurs de stress immédiats en induisant un état de vigilance propre à la paranoïa. C’est une réponse utile, adaptée à cette situation.

Il ne faut pas pour autant nier l’existence de maisons hantées

En somme, cette expérience insinue que les phénomènes dits paranormaux ne sont que le résultat de notre esprit, né d’un stress lié aux infrasons. Si ces ondes peuvent expliquer plusieurs prétendues histoires de maisons hantées ou de fantômes, il ne faut pas pour autant balayer du revers de la main tous les faits rapportés car il y a des phénomènes surnaturels réels que ne peut expliquer la science. Comme des objets qui volent et se déplacent dans une pièce. Le monde n’est pas que physique. Les résultats de l’étude ne peuvent donc pas convaincre que les esprits n’existent pas. Ils pourraient toutefois éclairer la réglementation sur le bruit ou les normes de conception des bâtiments.

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