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Gravité artificielle dans l’espace : l’Italie veut relever le défi des voyages lointains

L’Agence spatiale italienne (ASI) travaille sur la création d’une plateforme orbitale capable de créer la gravité artificielle dans l’espace. Annoncée le 8 octobre 2026, cette initiative vise à soutenir la recherche scientifique et à préparer les futures missions vers la Lune et Mars. Encore à l’étude, le projet devra surmonter d’importants obstacles techniques, déjà rencontrés par plusieurs initiatives allemandes et américaines.

Les séjours prolongés dans l’espace mettent le corps humain à rude épreuve. L’absence de pesanteur entraîne notamment une atrophie musculaire, une perte de densité osseuse, une dégradation de la vue et un affaiblissement du système immunitaire. Même les séances quotidiennes d’exercice ne suffisent pas à prévenir tous ces effets. Si les astronautes bénéficient d’un suivi médical à leur retour sur Terre, les conséquences pourraient être plus problématiques lors d’un voyage lointain, comme sur Mars, où ils devront être opérationnels dès leur arrivée.

Les recherches se feraient dans des modules de petite taille, correspondant à quelques unités cubiques

Pour répondre à ces obstacles de séjours spatiaux lointains, l’Agence spatiale italienne (ASI) envisage une plateforme orbitale capable de créer la gravité artificielle dans l’espace. Elle souhaite conduire des expériences automatisées de longue durée sous différents niveaux de gravité, depuis la microgravité jusqu’à des conditions comparables à celles de la Lune et de Mars.

Selon les premières orientations présentées, les recherches se feraient dans des modules de petite taille, correspondant à quelques unités cubiques. Elles pourraient concerner les sciences de la vie, la dynamique des fluides, les matériaux, les procédés de fabrication et les technologies d’exploration planétaire.

L’agence spatiale allemande a déjà simulé une gravité artificielle

Une consultation de la communauté scientifique et technologique, prévue jusqu’au 6 novembre 2026, doit permettre de préciser les besoins et les applications possibles. Il ne s’agit donc pas encore d’une station habitée, mais d’un projet de recherche dont la faisabilité reste à évaluer. Cette initiative s’inscrit toutefois dans le cadre de recherches déjà engagées.

En décembre 2018, le Centre aérospatial allemand (DLR) a lancé Eu:CROPIS, un satellite expérimental utilisant la rotation pour simuler la gravité lunaire et martienne. Sa mission consistait notamment à tester un système biologique en circuit fermé, destiné à transformer de l’urine synthétique en engrais pour cultiver des tomates.

La NASA s’y intéresse aussi

L’expérience devait contribuer au développement de systèmes de survie pour de futures missions habitées. Un problème logiciel a toutefois empêché l’activation des deux serres. Trois autres expériences embarquées ont néanmoins collecté des données avant la fin de la mission, en décembre 2019.

Aux États-Unis, la NASA finance également des recherches sur des structures rotatives de grande dimension. Dans le cadre de son programme Innovative Advanced Concepts (NIAC), l’agence a notamment soutenu un projet mené par des chercheurs des universités de Washington et Carnegie Mellon. Après une première phase réussie, l’équipe a obtenu de nouveaux financements pour poursuivre ses travaux en phase II.

Encore de nombreux défis à relever avant d’obtenir une gravité artificielle adaptée au corps humain

La NASA doit construire une installation de grande taille, capable de tourner plus lentement et d’offrir des conditions plus adaptées au corps humain. Mais son déploiement, sa stabilisation et sa résistance aux perturbations constituent des défis majeurs.

Les chercheurs américains doivent notamment étudier la dynamique d’expansion de la structure, prévenir les blocages et valider leurs solutions au moyen de prototypes. La gravité artificielle demeure donc une piste prometteuse, mais encore expérimentale. Mais le projet italien pourrait contribuer à mieux comprendre le comportement des organismes vivants et des matériaux sous différentes conditions gravitationnelles.

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