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Guatemala : des archéologues déchiffrent le nom d’un scientifique maya, « Renard à poitrine blanche »

Pour la première fois, des archéologues ont déchiffré le nom complet d’un astronome et mathématicien maya. Surnommé « Sak Tahn Waax » (« Renard à poitrine blanche »), ce savant a été identifié grâce à la transcription de symboles muraux découverts sur le site archéologique de San Bartolo-Xultun, au Guatemala.

Depuis longtemps, on connait les noms de souverains, sculpteurs, peintres et scribes mayas, mais on n’a jamais su celui d’un seul savant. Désormais c’est chose faite. Le ministère de la Culture du Guatemala a annoncé, le lundi 15 juillet, que des archéologues ont pu déchiffrer le nom complet d’un astronome et mathématicien de la civilisation maya, qui a régné sur la péninsule du Yucatán d’environ 2000 an avant J.C jusqu’à la colonisation espagnole au siècle XVI. Ce scientifique s’appelle « Sak Tahn Waax » (« Renard à poitrine blanche »). Il a été identifié grâce à la transcription de symboles muraux découverts sur le site archéologique de San Bartolo-Xultun, à la frontière nord avec le Mexique.

Le savoir maya n’était pas une tradition rigide et anonyme

Lors d’une conférence de presse, le ministre de la Culture, Luis Méndez, a déclaré qu’il s’agit à ce jour du seul exemple connu d’une œuvre attribuée à un mathématicien maya. Cet astronome a vécu pendant la période classique (250 à 900 an après J.-C.), lorsque cette culture était à son apogée. Selon Luis Méndez, cette découverte révèle que le savoir maya n’était pas une tradition rigide et anonyme, perpétuée de génération en génération sans modification.

« Pendant des siècles, nous avons parlé des Mayas comme d’une civilisation ayant contemplé Vénus d’un seul regard. Or, nous savons maintenant que, par une nuit aux alentours de l’an 781, quelqu’un étudia le ciel, combina six manières différentes de mesurer le temps et décida de consigner par écrit que cette façon d’ordonner l’univers était la sienne », a-t-il souligné.

Les chercheurs ont analysé plus de 50 microtextes mathématiques et astronomiques

Mendez précise que le déchiffrement du nom complet a été rendu possible par l’analyse épigraphique de plus de 50 microtextes mathématiques et astronomiques écrits sur une paroi du site archéologique de San Bartolo-Xultun. Pour le décoder, les chercheurs ont utilisé des dessins à l’échelle, des photographies et des numérisations d’inscriptions, qu’ils ont ensuite améliorées avec des logiciels. Cette approche a permis de révéler onze hiéroglyphes qui ont pu être déchiffrés. Une formule astronomique peinte sur la paroi se termine par les mots « Ainsi parle Sak Tahn Waax (« Renard à poitrine blanche » en français ou « zorro de pecho blanco » en espagnol).

Un ensemble unique de calculs calendaires et astronomiques reliant les cycles de Vénus et de Mars

« Le fait que ces glyphes soient apparus dans un contexte où l’art est lié à la science, les mathématiques à l’astronomie, et tout cela à la vie quotidienne, est également un élément qui mérite d’être présenté », a loué M. Méndez. La formule au bas de laquelle a été retrouvée le nom du scientifique maya recense un ensemble unique de calculs calendaires et astronomiques reliant les cycles de Vénus et de Mars. Elle contient aussi le calendrier rituel de 260 jours, l’année solaire de 365 jours et d’autres périodes. Selon les archéologues cette combinaison sans précédent connu dans les textes mayas témoigne d’une organisation originale de ces cycles.

Une découverte qui permettra aux écoles du Guatemala d’approfondir l’histoire maya de manière plus détaillée

Les chercheurs poursuivent l’analyse des autres microtextes de Xultún afin de déterminer s’ils peuvent être attribués à Sak Tahn Waax ou à d’autres auteurs encore inconnus. En effet, si les premiers textes ont été signés de cet astronome, rien n’indique qu’il a produit tous les autres. Par ailleurs, il n’est pas sûr qu’il les ait écrits lui-même car un scribe aurait pu le faire et le citer. En outre, on ne sait pas s’il est le premier astronome maya a signé ses productions. Quoiqu’il en soit, les autorités du Guatemala espèrent que cette découverte permettra aux écoles du pays d’approfondir l’histoire maya de manière plus détaillée, y compris les noms de ses protagonistes.

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