Une étude radar de 2022 sur la pyramide de Gizeh, en Égypte, a été retiré par la revue Remote Sensing en aout. Cette décision est intervenue après qu’une commission d’experts a dénoncé de lourdes failles statistiques dans les analyses radar. L’objectif est de pouvoir distinguer les faits vérifiés de simples illusions technologiques. Mais les auteurs de l’étude contestent la suppression de leurs travaux et demandent à la revue de « préciser » les erreurs méthodologiques et statistiques qui leur sont reprochées.
En août dernier, la revue Remote Sensing a retiré une étude radar publiée en 2022 et consacrée aux structures internes de la Grande Pyramide de Gizeh, en Égypte. Elle a pris cette décision suite à une enquête qui a conclu que cette étude, rédigée par Filippo Biondi et Corrado Malanga, deux chercheurs italiens connus pour leurs théories controversées sur les structures des pyramides d’Égypte, comportait de graves défauts méthodologiques et des erreurs statistiques.
Des ondes radar et des images satellitaires pour sonder l’intérieur de la pyramide de Gizeh
En quoi consistaient les travaux de Filippo Biondi et Corrado Malanga ? Les chercheurs italiens ont voulu matérialiser les éléments architecturaux internes de la pyramide et révéler leurs volumes en s’appuyant sur des ondes radar et des vibrations sismiques. Ils ont également exploité plusieurs images satellitaires pour rendre la pyramide transparente depuis l’espace et créer une tomographie tridimensionnelle à haute résolution (tomographie Doppler SAR) de l’intérieur et du sous-sol de l’édifice.
La suppression de cette étude ne remet pas en cause l’existence des éléments inconnus situés à l’intérieur de la pyramide de Gizeh
Mais les techniques employées n’ont point convaincu leurs pairs. Ceux-ci précisent que la suppression de cette étude de 2022 ne remet pas en cause l’existence des éléments inconnus situés à l’intérieur de la pyramide de Khéops (aussi appelé pyramide de Gizeh). Ils rappellent par exemple les découvertes d’une vaste cavité, située au-dessus de la Grande Galerie, ainsi que d’un couloir dissimulé derrière la face nord du bâtiment. Cette cavité inconnue construite près de la Grande Galerie avait déjà été mise en évidence en 2017, par le projet franco-égyptien ScanPyramids.
De premières interrogations soulevées avant même la publication de l’étude
Les chercheurs franco-égyptiens avaient quant à eux utilisé la méthode des muons, des particules de haute énergie produites lors de l’interaction des rayons cosmiques avec l’atmosphère terrestre. Ces fermions de la famille des leptons sont capables de traverser d’importantes épaisseurs de pierre pour créer des images 3D de l’intérieur de structures très denses ou massives. Pour confirmer l’existence de cet espace inconnu, les scientifiques avaient ensuite utilisé plusieurs autres instruments. Pour l’étude des chercheur italiens, de premières interrogations avaient déjà été soulevées avant même sa publication.
Remise en cause de la qualité des images tomographiques sur la pyramide de Gizeh
Un expert remettait notamment en cause la qualité des images tomographiques, ainsi que la nature précise des éléments mis en évidence par les tomogrammes, tout en reconsidérant déjà la méthode. Il avait également estimé que le caractère inédit de leur technique aurait dû les obliger à faire davantage d’expériences afin d’attester de son efficacité.
Pour sa part, le comité scientifique à l’origine du retrait de l’article conteste vivement la capacité réelle d’un radar orbital à pénétrer le calcaire dense. Elle indique que les signaux électromagnétiques rebondissent sur la surface rocheuse sans jamais traverser une telle épaisseur de maçonnerie. Dès lors, ils estiment que le traitement informatique produit de simples artefacts au lieu d’une cartographie architecturale authentique.
Filippo Biondi et Corrado Malanga attendent les précisions sur les erreurs méthodologiques et statistiques qui leur sont reprochées
Sur la base de ces conclusions, Remote Sensing écarte le document de référence afin de protéger la rigueur de ses archives. Cette sanction rare de l’éditeur scientifique frappe directement la crédibilité des modélisations présentées par les deux auteurs italiens. De leur côté, Filippo Biondi et Corrado Malanga contestent la décision de la suppression de leurs travaux et demandent à la revue de « préciser » les erreurs méthodologiques et statistiques qui leur sont aujourd’hui reprochées. Ils sont désormais en attente des éléments de preuve.





