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Coco.fr soupçonné d’être réapparu sous un autre nom

Fermé par la justice en juin 2024 pour diverses procédures judiciaires, notamment liées à des agressions sexuelles, Coco.fr serait réapparu il y a une semaine sous un autre nom. On le soupçonne de s’être fait rebaptiser Cocoland, tout simplement. Une enquête a été ouverte par l’unité cyber de la gendarmerie pour faire la lumière sur ce retour présumé de la plateforme.

Jeudi dernier, le parquet de Paris a lancé une enquête sur la réouverture du site internet Coco.fr, qu’il a confiée à l’unité nationale cyber de la gendarmerie nationale. Le ministère public soupçonne la plateforme, fermée depuis juin 2024 pour diverses infractions, d’être réapparue sous un autre nom : Cocoland (tout ce qu’il y a de plus ressemblant, pas très fûté). Après l’annonce de l’ouverture de cette enquête, l’association Face à l’inceste a salué « une avancée », tout en dénonçant « l’insuffisance de la réponse publique ». Elle déplore que « le site reste actif, accessible, sans vérification d’âge, sans modération ».

Un design trop ressemblant

Le mardi 21 avril, un site nommé Cocoland est apparu en ligne en France sous l’adresse URL « cocoland.info ». Il se présente comme le « tchat coco vraiment gratuit ». Côté design, il affiche une tonalité kitsch avec des noix de coco en fond d’écran. Aussitôt apparu, aussitôt repéré. Ouest France a épinglé le portable, y ayant vu une forte ressemblance avec l’ancien Coco. Le média constate que le site web reprend l’interface et le fonctionnement technique de Coco.fr, tout en étant désormais hébergé en Ukraine pour échapper aux autorités. La similarité du nom et de l’aspect répond peut-être à un besoin des propriétaires de rentabiliser sur la notoriété de l’ancien site…

Cocoland réfute tout lien avec l’ancien site Coco

Malgré la ressemblance troublante, Cocoland réfute tout lien avec l’ancien site Coco sur sa page d’accueil : « Notre plateforme est un service entièrement nouveau, indépendant et sans aucun lien juridique, technique ou organisationnel avec l’ancien site Coco. », assure la direction. Les administrateurs soutiennent que la ressemblance visuelle avec l’ancienne interface ne constitue pas une preuve de continuité opérationnelle ou juridique avec Isaac Steidl, l’ancien propriétaire mis en examen en janvier 2025. « Seuls certains éléments visuels ont été repris afin de permettre aux anciens utilisateurs de retrouver des repères familiers. Cela ne reflète en aucun cas une continuité de l’ancien service », ajoutent-ils.

« Notre site n’encourage, ne tolère et ne facilite aucun comportement illicite »

Cocoland a également publié une note officielle sur son portail pour décliner toute responsabilité légale concernant les échanges entre utilisateurs. Le nouveau portail affirme avoir mis en place des outils de surveillance automatisés. « Notre site n’encourage, ne tolère et ne facilite aucun comportement illicite », souligne-t-il. De son côté, Me Julien Zanatta, avocat de l’Italien Isaac Steidl, assure que son « client est totalement étranger à l’ouverture du site internet en cause ». Il soutient également que les poursuites dirigées contre son client sont aussi injustes que juridiquement infondées » et que « la procédure d’information judiciaire le démontrera.

Coco, un nid de prédateurs et de malfaiteurs

Isaac Steidel a été interpellé le 7 janvier 2025 en Bulgarie, et trois de ses proches ont été arrêtés en même temps en France. Ils sont soupçonnés d’avoir assez largement contribué à l’administration de Coco.fr, un site internet fermé en juin 2024 pour diverses accusations. La plateforme est considérée comme un repaire de prédateurs sexuels, de trafiquants de stupéfiants et de malfaiteurs en tout genre. Immatriculée à l’étranger, elle avait été mise en cause dans plusieurs affaires, en lien avec des guets-apens homophobes, des actes de pédophilie, des viols et des homicides. L’affaire la plus retentissante fut celle des viols de Mazan. Pendant dix ans, une femme nommée Gisèle Pelicot a été droguée avec des anxiolytiques par son mari Dominique, puis violée par celui-ci et par des dizaines d’hommes recrutés via le site Coco.

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