Dès 2028, le Cyclhad, un centre de traitement du cancer par proton basé près de Caen, proposera les premières opérations de carbonethérapie en France. Cette nouvelle forme de radiothérapie permet de traiter des cancers dits « radio résistants », grâce à l’utilisation d’ions carbone. Sa mise en place nécessitera un investissement total de 120 millions d’euros.
Chaque année, plus de 380 000 personnes atteintes du cancer sont identifiées en France. Parmi ces patients, 150 000 sont traités par radiothérapie, seule ou associée à la chimiothérapie ou à la chirurgie. Si ces traitements permettent une rémission complète dans la majorité de cas, ils peuvent présenter de légers inconvénients, comme le fait de détruire des tissus sains. D’autres approches ont vu le jour pour régler éviter cela, comme l’hadronthérapie.
L’hadronthérapie pour pallier les défauts de la radiothérapie conventionnelle
Pour rappel, la radiothérapie conventionnelle utilise les rayons X pour détruire les cellules cancéreuses des patients, en irradiant la tumeur. Son principal inconvénient est qu’elle s’attaque aussi aux tissus sains et à ceux qui entourent la tumeur, sans parfois réussir à vaincre certaines formes de cancer assez tenaces. L’hadronthérapie, elle, n’emploie pas les rayons lumineux X, mais des faisceaux de particules lourdes. Il peut s’agir de protons (on parle alors de protonthérapie), d’ions hélium (d’héliumthérapie) ou d’ions carbone (de carbonethérapie).
La carbonethérapie offre une extrême précision
Utilisée pour la première fois aux Etats-Unis dans les années 1970, la carbonethérapie s’appuie sur des ions carbone pour traiter le cancer. Cette nouvelle forme de radiothérapie cible et détruit les cellules cancéreuses tout en minimisant les dommages aux tissus sains environnants. Elle est particulièrement efficace pour traiter les tumeurs dites « radio résistantes ou situées près d’organes et de structures critiques. Par exemple les chordomes, les mélanomes oculaires, les sarcomes, les cancers de la tête et du cou, etc. La carbonethérapie est appréciée pour son extrême précision et sa capacité à délivrer la dose exacte directement dans la zone ciblée, tout en préservant les tissus adjacents.
Le Cyclhad proposera un accélérateur à partir de 2028
Depuis 2025, le Centre européen de recherche et de traitement en hadronthérapie (Cyclhad) basé à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen, travaille sur une machine de protonthérapie capable de fournir des faisceaux de particules pour traiter tous les types de cancer. Baptisé C400 IONS, ce nouvel accélérateur a été conçu par l’entreprise caennaise Normandy Hadrontherapy. Il devrait démarrer début 2028 et permettre de traiter jusqu’à 300 patients par an. Ce programme représente un investissement total de 120 millions d’euros, dont 50 millions pour le seul C400 IONS.
La France n’aura plus besoin des accélérateurs étrangers pour la carbonethérapie
Avec ce projet, la France se dotera d’un véritable moyen de traiter les cancers par carbonethérapie. À ce jour, les chercheurs français doivent se tourner vers certains accélérateurs de centres de recherche comme le Grand accélérateur national d’ions lourds de Caen (Ganil), dont les faisceaux n’ont pas toujours les caractéristiques des faisceaux « médicaux », ou composer avec les accélérateurs d’ions carbonés installés à l’étranger. Principalement au Japon (qui possède 7 centres dédiés à cette technique), en Allemagne (2), en Italie et en Autriche (1). La nouvelle machine permettra aussi à ce traitement d’être reconnu par les autorités sanitaires en France, en faisant ses preuves.




