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Éclipse solaire : au-delà de l’émerveillement, une opportunité pour les astrophysiciens

L’éclipse solaire du mercredi soir a été un moment d’émerveillement pour de nombreux spectateurs à travers le monde. Mais elle a aussi constitué une opportunité pour les astrophysiciens, qui en ont profité de l’occasion pour recueillir un maximum d’informations. Des chercheurs de la NASA, par exemple, ont mené plusieurs expériences pour comprendre notamment les effets sur les écosystèmes marins d’une disparition brutale de la lumière.

Mercredi 12 août, peu après 19 heures, la Lune est passée devant le Soleil jusqu’à le cacher à plus de 90%. Observée dans certaines parties de l’Europe (Espagne, Islande, Groenland), cette éclipse solaire totale a été partielle en France métropolitaine. Qu’importe, elle a émerveillé des millions de gens, qui ont pu l’admirer grâce à des lunettes spécialisées. Mais il n’y a pas que le grand public qui s’est intéressé à ce phénomène. De nombreux chercheurs, dont ceux de la NASA, l’ont également beaucoup suivi.

Un avion de recherche de la NASA envoyé à haute altitude pour étudier la dynamique de la couronne solaire

« Le Soleil influence notre vie quotidienne, les satellites et les astronautes dans l’espace, et nous pouvons profiter de cette occasion pour approfondir notre compréhension de cette influence », a expliqué Kelly Korreck, responsable du programme d’éclipses au siège de la NASA à Washington. L’agence spatiale américaine a justement financé une équipe de scientifiques pour traquer l’ombre de la Lune depuis un avion de recherche WB-57, dans le but d’étudier la dynamique de la couronne solaire. L’avion a volé à haute altitude (à 740 km/h) à la poursuite de cette couronne.

Des observations pour établir des prévisions plus précises des orages géomagnétiques et autres phénomènes météorologiques spatiaux

La couronne solaire c’est la partie de l’atmosphère du Soleil située au-delà de la chromosphère. Elle est normalement invisible car sa lumière est très faible pour la percevoir. Mais l’éclipse offre une occasion rêvée d’étudier cette immense enveloppe de gaz chaud. La NASA l’a fait et elle compte s’appuyer sur ses observations pour établir des prévisions plus précises des orages géomagnétiques et autres phénomènes météorologiques spatiaux. Ceux-ci perturbent le fonctionnement des satellites et induisent des courants électriques à l’origine de pannes de courant. Comme ce fut le cas le 13 mars 1989, quand un orage géomagnétique a provoqué l’effondrement du réseau électrique au Canada et plongé des millions de personnes dans le noir.

De superbes clichés publiés par la NASA

À Villalibado, un petit village de la province de Burgos en Espagne, la NASA a également installé une équipe d’astronomes pour retransmettre l’éclipse totale du 12 août à un public international, via les plateformes numériques de l’agence et de l’Exploratorium de San Francisco. Ce site a été choisi parce qu’il offre un horizon dégagé et de bonnes infrastructures de communication. Et ce n’est pas tout.

Aux Etats-Unis, la NASA a aussi capturé et partagé une photo historique montrant l’ISS au cœur de l’éclipse solaire. La station spatiale, à bord de laquelle se trouve l’astronaute française Sophie Adenot, n’a été visible qu’une fraction de seconde, alors que la Lune venait masquer une partie du Soleil. Le cliché a été signé par le photographe de la NASA Joel Kowsky. Il ne relève pas d’études scientifiques mais de la communication servant à émerveiller le public.

Le skipper Roland Jourdain a étudié l’éclipse solaire, loin des côtes françaises

Cependant, plusieurs autres activités menées ailleurs dans le monde avaient un but scientifique. Comme les ballons-sondes et ballons atmosphériques envoyés dans le ciel un peu partout. Ils avaient pour but de mesurer les variations de température et de pression dans la couche limite de l’atmosphère lorsque la lumière du Soleil baisse soudainement, et de détecter les ondes de gravité ainsi que les mouvements de l’air provoqués par le refroidissement temporaire.

Côté français, le skipper Roland Jourdain et une équipe de scientifiques étaient à 300 milles à l’ouest des côtes françaises, dans la zone de totalité de l’éclipse solaire, pour observer les effets d’une disparition brutale de la lumière sur le monde vivant, et notamment sur le plancton.

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