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Amazon renonce finalement à la livraison gratuite des livres dans ses casiers automatiques

Enfin ! Pour apaiser les tensions avec les libraires, Amazon renonce finalement à la livraison gratuite pour les livres neufs livrés dans ses casiers automatiques (lockers). Le géant américain du e-commerce accepte ainsi de se conformer à la loi Darcos, plus de trois ans après son adoption. Ses clients continueront toutefois de bénéficier de la livraison gratuite et de la remise de 5 % dans un large réseau de points de retrait, notamment dans les communes rurales et les petites villes.

C’est la fin d’un bras de fer. Amazon a décidé de mettre fin à la livraison gratuite ainsi qu’à la remise de 5 % pour les ouvrages livrés dans ses casiers automatiques (également appelés lockers), comme l’impose la loi Darcos. « Nous avons décidé, pour les livres neufs, de concentrer la remise de 5% et la livraison gratuite sur les points de retrait en comptoir et accueils de magasin – et d’exclure les casiers automatiques », a annoncé le groupe américain au Figaro. L’e-marchand continuera toutefois de proposer la livraison gratuite et la remise de 5 % dans un large réseau de points de retrait, notamment dans les communes rurales et les petites villes.

Amazon avait choisi de contourner la loi Darcos

Adoptée en 2021 et entrée en application en 2023, la loi Darcos impose des frais de livraison de 3 euros pour les commandes en ligne de livres neufs inférieures à 35 euros. Elle prévoit néanmoins une exception pour les livres retirés directement dans un commerce spécialisé. Cette législation vise à renforcer l’équité entre les librairies physiques et les grandes plateformes de commerce en ligne, en limitant l’avantage procuré par des frais de livraison très faibles chez ces dernières.

Inquiète d’une possible baisse de ses ventes, Amazon avait choisi de contourner la règle, en considérant comme des points de vente à part entière ses casiers automatisés installés à proximité ou dans des supermarchés et hypermarchés proposant des livres. La société continuait donc d’offrir à ses clients une livraison gratuite et une réduction de 5 % sur le prix des ouvrages, pour les commandes retirées dans ses lockers.

Une décision du Conseil d’État a fragilisé Amazon

Cette pratique avait été vivement critiquée par le Syndicat de la librairie française (SLF), ainsi que par des enseignes concurrentes comme la Fnac et Cultura. Saisi par le ministère de la Culture et les acteurs du secteur, le médiateur du livre avait déclaré que la politique de l’entreprise de Jeff Bezos constituait « un réel défi à la mise en œuvre de la loi (Darcos) ».

En mai dernier, le Conseil d’État a rejeté à son tour le recours d’Amazon contre l’arrêté imposant un montant minimal de frais de livraison pour les livres neufs. Cette décision a fragilisé la position du groupe américain et l’a certainement poussé à s’aligner sur la législation. « Notre priorité reste la même : soutenir la lecture et l’accès aux livres partout en France – et nous espérons que cette initiative permettra de recentrer le débat sur l’essentiel », affirme Amazon.

Les libraires et les enseignes étaient sur le point de relancer l’offensive juridique

La reculade du géant du e-commerce pourrait aussi s’expliquer par la pression de plus en plus forte mise par les libraires et les enseignes comme Cultura et la FNAC. Ces acteurs du livre étaient en effet sur le point de relancer l’offensive juridique en déposant un recours devant le Tribunal des affaires économiques de Paris.

« [S]i Amazon se plie enfin à la loi Darcos, cela sera mieux pour tout le monde. Si Amazon ne le fait pas, nous irons devant le juge. Nos conclusions sont prêtes, nos avocats sont prêts », avait prévenu Guillaume Husson, délégué général du SLF, en juin dernier. Reste maintenant à voir si tout le monde se contentera de la fin annoncée de la gratuite de la livraison sur les lockers ou si certains attaqueront aussi les points de retrait habituels.

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