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Rencontres extraterrestres : le SETI actualise son mode d’emploi

Si le cinéma imagine des scenarios de rencontres avec des extraterrestres, la communauté scientifique ne se fait pas de films. Le SETI (recherche d’intelligence extraterrestre) de l’IAA vient d’actualiser son mode d’emploi de la réaction des humains en cas de contact avec des alliés. C’est la première mise à jour depuis 2010. Malheureusement, elle ne concerne que les scientifiques et les experts.

La science-fiction, que ce soit dans le cinéma ou la littérature, s’est toujours intéressée aux premiers contacts entre les êtres humains et des extraterrestres (s’il en existe). Si certains scénarios imaginent des rencontres pacifiques, dans la plupart des cas les choses se passent mal, voire très mal. La plupart du temps, les deux parties ne se comprennent pas, et les humains ont tendance à paniquer.

Le SETI révise son protocole d’actions en cas de découverte d’une civilisation extraterrestre

Mais ça c’est dans les films. Rien n’indique que les extraterrestres ont une forme humanoïde et qu’ils vont obligatoirement descendre de leurs verseaux pour venir à notre rencontre sur Terre. Si cela est possible, la communauté scientifique préfère se concentrer sur nos réactions face aux phénomènes aériens non identifiés (PANI) et aux objets volants non identifiés (OVNI), régulièrement cités dans des rapports d’agences sérieuses comme la NASA.

Dans ce cadre, l’Académie internationale d’astronautique (IAA) a mis en place le protocole SETI (recherche d’intelligence extraterrestre), qui donne des recommandations en cas de prise de contact avec une espèce extraterrestre. Elle a récemment mis à jour ce document, une première depuis 2010.

Il faut d’abord confirmer une détection d’extraterrestre avant toute divulgation publique

Le protocole SETI repose sur le Brookings Report, un rapport rédigé par la NASA dans les années 1960 à destination du gouvernement américain. Il porte sur la manière d’agir le jour où l’on fera une découverte extraterrestre. Le document explique notamment qu’il faut être très prudent à ce moment-là, ne pas laisser nos idées politiques et religieuses prendre le dessus et faire en sorte que ce premier contact soit, pour l’humanité, l’occasion de s’unir et non de se diviser.

Dans la déclaration de 2010, le comité SETI a introduit l’obligation de confirmer une détection d’extraterrestre avant toute divulgation publique, mais également de prendre en compte des observations indépendantes ou d’autres examens menés par plusieurs organisations utilisant des instruments et des méthodes différents.

Le SETI prend désormais en compte l’IA et les réseaux sociaux

La version de 2026 maintient inchangées la plupart des recommandations de 2010. Comme : ne pas divulguer la présence d’un objet potentiellement détecté tant que la vérification est en cours ; l’équipe ayant effectué la découverte conserve le droit de faire la première annonce ; signaler toute détection confirmée au public, à la communauté scientifique et au Secrétaire général des Nations Unies ; ou encore nul – institution, gouvernement ou individu – ne peut répondre à un signal extraterrestre sans consultation internationale préalable par l’intermédiaire de l’ONU. Mais depuis quinze ans, beaucoup de choses ont changé. Aujourd’hui, il y a les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, entre autres.

L’IAA impose aux institutions l’obligation de protéger les chercheurs impliqués dans une détection potentielle d’OVNI ou de PANI

Dans ce contexte, le comité SETI note que les deepfakes et les rumeurs sur Internet pourraient favoriser des mouvements de panique ou de scepticisme si jamais une nouvelle « non vérifiée » faisait état de la présence d’une vie extraterrestre. C’est pourquoi, il annonce la création d’un sous-comité de post-détection chargé de collaborer avec les médias et les plateformes de réseaux sociaux afin de diffuser des informations exactes. Dans sa nouvelle déclaration, l’IAA impose aussi aux institutions l’obligation de protéger les chercheurs impliqués dans une détection potentielle d’OVNI ou de PANI. Ces scientifiques ont désormais le droit de se retirer des médias, à condition que leur organisation tienne le public informé.

La déclaration actualisée durcit la définition des PANI

Par ailleurs, le document exige que les chercheurs rendent public rapidement et clairement un signal potentiel, même s’il a été examiné et s’est avéré parfaitement humain. Parallèlement, la déclaration actualisée durcit la définition des PANI en indiquant qu’elle s’applique dorénavant à la recherche astronomique de vie extraterrestre intelligente et non aux phénomènes observés dans l’atmosphère terrestre.

Enfin, le champ d’application de ce qui est considéré comme une détection SETI a également été élargi. En plus des signaux radio, il s’étend dorénavant à la gamme des technosignatures. Celle-ci comprend « les signaux radio à bande étroite, les émissions laser, les excès infrarouges associés à une consommation d’énergie à grande échelle, les anomalies dans les mesures astronomiques dues aux mégastructures », ou encore les preuves d’artefacts physiques, liste l’IAA.

Le SETI présentera son protocole révisé en octobre prochain lors du congrès de l’IAA en Turquie

La déclaration révisée du protocole SETI a été ratifiée à Paris par le conseil d’administration de l’IAA au complet. Elle sera présentée en octobre prochain lors du Congrès international d’astronautique en Turquie. Douglas Vakoch, président de METI International ((Messaging Extraterrestrial Intelligence), a déclaré dans un courriel que le protocole mis à jour « tente de trouver un équilibre entre la nécessité de permettre aux scientifiques du SETI de mener leurs recherches de manière rigoureuse et l’exigence concurrente de tenir le public informé de ce qui serait l’une des plus grandes découvertes de l’humanité ». Notons que cette mise à jour intervient après la déclassification, par le Pentagone, de nombreux documents liés à des observations d’OVNI et de PANI.

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