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Réparabilité des téléphones : Apple et Samsung mal classées

Le groupe de défense des consommateurs US PIRG a publié son nouveau rapport sur la réparabilité des téléphones grand public. Il épingle Apple et Samsung, notamment pour la difficulté de démontage de leurs smartphones. Ces marques reçoivent toutes deux la note D, tandis que Motorola, qui fait figure de bon élève, obtient un B+.

Chaque année, l’organisation américaine US PIRG Education Fund publie son rapport « Failing the Fix », un bilan sans concession sur la réparabilité des appareils électroniques grand public. Publiée début avril, l’édition 2026 dresse un constat peu flatteur pour deux géants du secteur : Apple et Samsung. US PIRG les considère comme les mauvais élèves, tant au niveau des smartphones que des laptops. Ainsi, les téléphones iPhone reçoivent la note de D-, et les Galaxy la note D. La marque sud-coréenne fait donc « mieux » que sa rivale américaine.

Les critères de l’EPREL pris en compte pour évaluer la réparabilité des téléphones

Cette année, le rapport « Failing the Fix » a introduit un changement méthodologique, qui a un peu bouleversé le classement. Jusqu’ici fondées sur un ancien indice français, l’évaluation repose désormais sur le registre européen EPREL (European Product Registry for Energy Labeling). Mis en place en 2025, ce nouveau cadre permet de comparer l’efficacité énergétique des appareils (réfrigérateurs, lave-linge, ampoules, et bientôt smartphones et tablettes).

Tout se fait via un portail public accessible par simple scan du QR code, présent sur l’étiquette énergie. L’EPREL prend en compte plusieurs critères : la facilité de démontage, les outils nécessaires à la réparation, l’accès aux pièces détachées, le coût des pièces rapporté au prix du produit neuf, la disponibilité de la documentation technique et la durée de mise à jour logicielle, entre autres indices.

Une pénalité de 0,5 point infligée aux membres de TechNet ou de la CTA

En plus de ces critères, US PIRG Education Fund a introduit une pénalité de 0,5 point aux fabricants membres de TechNet ou de la Consumer Technology Association (CTA), deux lobbies actifs contre les lois sur le droit à la réparation aux États-Unis. Apple et Samsung en font partie. Le changement de méthodologie a donc entraîné une dégradation de leur note.

Les deux constructeurs pâtissent principalement de leur politique de mises à jour logicielles limitées à cinq ans. Apple est également pénalisée pour la difficulté de démontage et l’extension de son dispositif Activation Lock à certains composants. Selon les défenseurs du droit à la réparation, cette décision pourrait rendre inutilisables des pièces parfaitement fonctionnelles et les exclure définitivement du circuit de remise en l’état.

Motorola, meilleur élève en matière de réparabilité des téléphones

Si Apple et Samsung sont épinglés, d’autres fabricants affichent une meilleure image en matière de réparabilité des smartphones. C’est le cas de Motorola. La filiale de Lenovo depuis 2014, tire son épingle du jeu et décroche la meilleure note (B+). Malheureusement, la marque américaine n’a plus la notoriété qu’elle avait à son apogée, dans les années 2000, pour exploiter convenablement cette évaluation. Malgré ces difficultés, elle parvient toutefois à survivre en Europe, et surtout aux États-Unis, grâce à ses modèles pliables plutôt intéressants. Quant à Google, il obtient un C- pour ses Pixel. Le géant de la tech montre une meilleure en matière de réparabilité que Samsung et Apple, mais vend toujours moins que ces deux gros fabricants.

Quelques limites méthodologiques au rapport

Si le bilan « Failing the Fix » 2025 met en évidence plusieurs difficultés rencontrées par les clients – difficultés sans doute programmées par les constructeurs soucieux de vendre toujours plus – il présente quelques limites méthodologiques. Par exemple, le rapport se base sur l’analyse de dix modèles pour Apple, contre seulement cinq pour Samsung.

Aussi, plusieurs appareils du fabricant sud-coréen n’étaient pas référencés dans la base de données au moment de l’étude, ce qui limite la portée des comparaisons. En outre, on peut regretter l’absence d’autres marques, surtout chinoises, comme Xiaomi, Oppo et Vivo. Cependant, ces restrictions n’effacent pas une vérité : les marques ne font pas beaucoup d’efforts en matière de réparabilité des smartphones. Comme si c’était voulu.

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