Avec le boom du commerce en ligne, la livraison de colis s’intensifie en Île-de-France, hub logistique de l’Hexagone. Entre septembre 2024 et août 2025, le nombre de colis distribués dans la région a atteint 315 millions, soit l’équivalent de 17 paquets par habitant. Le transport de cet important volume d’articles pèse évidemment sur le trafic routier francilien et suscite des inquiétudes quant à son impact environnemental.
Portés par l’explosion du e-commerce, les flux de petits colis augmentent sans cessent en France. Selon l’Institut Paris Region, au moins 1,638 milliard de colis ont été distribués en Hexagone en 2024, en hausse de 18 % depuis 2020. Cette accélération est plus forte en Île-de-France, où vit environ 20 % de la population française. Dans cette région, 315 millions de colis ont été distribués entre septembre 2024 et août 2025, contre 303 millions un an plus tôt. Cette hausse de la livraison reflète le statut de l’Île-de-France, hub logistique national.
L’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, porte d’entrée principale des échanges intercontinentaux en France
D’après l’Institut Paris Region, 75% des 315 millions de colis distribués aux professionnels et particuliers entre septembre 2024 et août 2025 « pèsent moins de 3 kilos », alors que les paquets pèsent généralement entre 0,2 et 30 kg. Aussi, 12,5% proviennent de Chine (40 millions de colis) et 20% ont été fabriqués par des plateformes chinoises (comme Shein, Temu et AliExpress), contre 22% pour Amazon. Paris est la première destination au niveau des départements, avec 61 millions de colis livrés dans la période. Quant à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, il reste la porte d’entrée principale des échanges intercontinentaux et le lieu de traitement du fret express. Ce site logistique a traité 250 millions de paquets.
Des réseaux d’entrepôts ou le drop shipping
Côté clients, 85,1 % des Franciliens (82 % des Français au total) ont acheté en ligne, pour un montant moyen de 4 216 euros (4 055 euros au niveau national). Le prix unitaire, lui, est passé de 11,3 euros en septembre 2024 à 6,4 euros en août 2025. Concernant la logistique, l’Institut Paris Region note deux modèles principaux. Certains acteurs du e-commerce (Amazon ou Alibaba) s’appuient sur un réseau d’entrepôts maillant le territoire, tandis que d’autres, les nouveaux venus (Shein, Temu…), ont recours à l’approvisionnement direct (drop shipping), assuré depuis la Chine par voie aérienne avec une distribution locale externalisée.
La livraison de colis représente 20% du trafic routier en Île-de-France
À ces deux modèles s’ajoute la consigne automatique, qui permet de déposer les colis dans des systèmes automatisés (lockers), regroupés en armoires et casiers de tailles variées, accessibles 24h/24 et 7j/7. Pour approvisionner ces points relais et entrepôts, il faut un important flux de transport. Des dizaines de véhicules utilitaires légers vont d’un lieu à l’autre chaque jour pour livrer des colis en Île-de-France. Ces VUL représentent 20% du trafic routier, mais occupent près de 30% de la voirie à cause des arrêts fréquents. Evidemment, cette importante activité routière est source de désagrément et de pollution. D’ailleurs, elle interroge quand on sait que les articles retournés (environ 6 à 8 % des envois) sont généralement détruits.
Une taxe de 2 euros sur les petits colis
Face à ce tableau gris, les associations environnementales et les politiques appellent les grandes plateformes de vente en ligne extra-européennes comme Amazon, Shein, Temu et AliExpress, à cesser la pollution environnementale et le gaspillage. Ils les somment aussi de respecter le droit européen, en mettant fin à la concurrence déloyale livrée aux commerçants locaux. Pour résoudre en partie ces problèmes, le gouvernement français a imposé une taxe de 2 euros sur les petits colis. Cette mesure sera renforcée bientôt par un droit de douane européen de 3 euros par type d’article commandé, pour éviter les contournements des entreprises chinoises dans l’UE.





